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16 janvier 2016 6 16 /01 /janvier /2016 09:03

Suite à présentation synoptique du 02/01/2016

Cet article fait suite à celui du 02/01/2016, puisque C. Rovelli a réagi à ma présentation synoptique et m’a fait parvenir son questionnement à ce sujet. Le présent article intègre mes réponses.

De Carlo Rovelli le 09/01/2016

  • Cher Philippe,
    Merci pour votre intéressant message. Est-ce que vous avez des articles ou de textes dans lesquelles votre idée est développée? Comment arrivez-vous à l'estimation de 10-23 à 10-25s pour ce temps du sujet?

    L'idée d'un temps minimal dans le fonctionnement de la conscience est très convaincant, bien sûr, mais un rôle de ce temps au niveau physique est une idée nouvelle, à notre connaissance.
    C'est intéressant de considérer la possibilité que la réalité physique soit interprétée en termes de relations entre systèmes, et dans ce cas, le temps de résolution de sujet de l'information devient important, mais d'où viendrait-t-il un temps de l'ordre 10-24s? Quels phénomènes indiqueraient ce temps? Carlo Rovelli
  • Le 16/01

Cher Carlo Rovelli, je vous joins volontiers mes réponses à votre questionnement. Voilà où j’en suis avec mes réflexions. Peut-être qu’un échange fructueux va s’installer. J’y suis favorable. Bien amicalement.

Réponses à C. Rovelli.

Comment estimer 10-23 à 10-25s ? Cette estimation résulte de la conjonction de 2 réflexions distinctes a priori. En premier, dans les années 1960-70 nous étions submergés par la production de particules résonantes. Certaines avaient une durée de vie τ tellement brève que l’on ne pouvait pas observer leur trace physique dans les détecteurs quels qu’ils soient. Par contre on pouvait les reconstituer à partir des éléments de désintégration. Cela a conduit à l’idée qu’il y avait des particules virtuelles mais réelles jusqu’à une certaine limite et au-delà on ne savait plus se prononcer quant à la réalité en maintenant l’idée de virtualité. La limite se situait autour de 10-21 à 10-22s. Cette limite d’observation est encore vraisemblable malgré les progrès technologiques de la détection directe. Pour avoir de la marge j’ai placé le point aveugle de l’observateur autour des valeurs estimées

L’autre réflexion concerne mon impossibilité d’adhérer au réalisme absolu d’Einstein. A mon sens son affirmation : « Ce qui du point de vue physique est réel … est constitué de coïncidences spatio-temporelles. Et rien d’autres. », contient une contradiction, puisque dans ce contexte l’observateur n’a plus besoin d’être présent. Le mot « observateur » employé après coup (seulement à partir de 1936) par Einstein est à cet égard révélateur. Les coïncidences peuvent exister dans la réalité mais on ne peut pas les observer. Ce n’est que lorsque la présence de l’observateur est incluse que l’on peut constater des quasi coïncidences qui ne sont pas réelles mais considérées comme telles. L’observateur occupe un intervalle de temps TpS qui est la condition de sa ‘Présence’ et qui est aussi un point aveugle de ses facultés. Vous comprenez qu’à ce niveau je fus très intéressé lorsqu’après coup j’ai lu les propositions d’A Connes en 1997 car malgré TpS la métrique est égale à 0 ; (voir article blog du 26/05/2015). Il y avait la possibilité d’une superposition qualitative qui m’intéressait car en plus je partageais sa thèse que le point 0 avait une structure interne. Mais il n’y eut pas de suite de sa part, autant que je sache. Il serait intéressant de comprendre pourquoi il n’a pas persévéré.

Il n’y a pas la possibilité pour le sujet pensant d’accéder à la réalité du monde physique (au sens einsteinien), car ce monde ne peut être pensé que par la ‘Présence’ intégrale de l’être réflexif pour qu’il y ait un discours scientifique sur ce monde.

Enfin un article de Marcia Bartusiak, en avril 1993 : relatant vos travaux avec Ashtekar et Smolin m’avait interpelé : ‘ They need a quantum clock. And that may require some new mathematics…”. Je considère que TpS est le tic-tac primordial de cette horloge quantique.

Vous dites : « un rôle de ce temps au niveau physique est une idée nouvelle. » Effectivement je ne connais pas un développement équivalent et à ce sujet j’éprouve parfois, depuis une dizaine d’années, une solitude intellectuelle pesante. J’ai reconnu des convergences intéressantes. Ainsi L. Smolin, il y a quelques années, a émis l’hypothèse du ‘moment présent’ mais il n’a pas su franchir le Rubicond c’est-à-dire le quantifier. Il n’a pas voulu non plus toucher au totem (voir article blog : 2/05/2013).

En ce qui concerne les travaux de S. Dehaene, ils sont de très grandes qualités mais ils traitent de la conscience (voir article blog du 26/05/2015). Je m’appuie sur ces résultats pour accentuer le caractère vraisemblable de mon hypothèse TpS mais cela se joue sur un autre plan. On ne peut pas envisager qu’à partir du résultat de Dehaene on puisse par intégration passer au niveau de l’existentialité ou bien par un chemin inverse analytique trouver une correspondance logique entre les deux termes. Il y a des niveaux intermédiaires extraordinaires qui relient ces deux extrêmes de la mesure de l’être humain qui nous interdisent de l’envisager (actuellement et probablement jamais). Toutefois il serait intéressant de poser la question à S. Dehaene ou à des spécialistes de ce domaine. Il m’arrive de penser que TpS pourrait être considéré comme un existential au sens donné par Heidegger. Les travaux de Dehaene confirment ce que j’appelle une petite ‘présence’ et il est impossible de considérer : ‘Présence’ = ∑ petites ‘présences’.

A partir du moment où une grandeur physique est attribuée à la ‘Présence’ de l’être réflexif, il est possible, comme vous le dites, d’envisager : « en termes de relations entre systèmes, et dans ce cas, le temps de résolution du sujet de … » D’accord pour systèmes, au pluriel, puisque dès qu’il y a quantification de la ‘Présence’, le sujet pensant peut être considéré comme système (a nuancer). Mais sujet de l’information me semble réducteur car la ‘Présence’ du sujet pensant ne peut être réduite au rôle de vecteur d’information(s). A tout moment il est concepteur, il traite l’information et la façonne.

Votre question : Quels phénomènes indiqueraient ce temps ?

En premier lieu TpS, sa valeur, et le concept de ‘Présence’ sont totalement corrélés.

En plus des considérations sur les particules réelles mais virtuelles le résultat des travaux de Seth Lloyd validerait mon hypothèse. La dimension du proton est in fine la dimension ultime que nous savons estimer. Quid de l’électron.

Le phénomène de l’intrication s’explique, selon moi, à cause de TpS qui est un invariant et Δti < TpS, avec Δti : la durée de la production de l’intrication qui donc obéit à la R.R. Si un observateur observe cette opération dans un référentiel qui se déplace à grande vitesse, s’il voit Δt’i = ϒ Δti> TpS, l’observateur ne voit aucune intrication. J’admets que c’est une expérience compliquée mais…

Une autre expérience est, je crois, maintenant possible. Elle concerne la thèse de la ‘Présence’. Il s’agit de faire appel aux moyens de la magnéto-encéphalographie (Labo de Dehaene, par ex.). Il s’agit de placer un physicien appareillé devant un interféromètre et de détecter ce qui se produit dans son cerveau lorsqu’il a une information spatio-temporelle sur l’objet quantique qui parcourt l’interféromètre, puis lorsqu’il n’a aucune information spatio-temporelle sur sa trajectoire. Cette même expérience doit être réalisée avec une autre personne qui n’a pas de connaissance (formelle) au moins sur le phénomène ondulatoire. On devrait constater que ce ne sont pas les mêmes parties du cerveau qui travaillent. Ainsi on pourrait mieux comprendre le pourquoi de deux apparaitre distincts.

Maintenant que nous savons mesurer l’attoseconde cela a permis de traiter l’effet tunnel d’une façon différente (voir article blog : 17/06/2015). La prochaine étape sera d’accéder à la mesure de 10-21s. Etape intéressante car on sera au bord de la limite de TpS mais il faut attendre encore quelques années.

Les articles indiqués : blog, sont accessibles en demandant sur internet : philip.maulion et les articles apparaissent dans l’ordre chronologique.

Les cours en références que j’assure à l’université sont obtenus en demandant sur Google de 53PH3PP6 (2007) à 53PH3PP14 (2015-2016) ensuite il faut cliquer à gauche sur : Documents et liens . Le 1er cours de PP6 peut vous intéresser, puisqu’il est introductif et plante le décor.

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