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5 août 2017 6 05 /08 /août /2017 17:01

En premier lieu, je veux remercier Ingrid et Claude qui m’ont fait parvenir très rapidement un projet d’article traduit en français. Effectivement ayant écrit l’article original directement en anglais, je n’avais plus l’envie d’écrire la version en français. Cela est fait et je suis sensible à la coopération spontanée qui s’est exprimée. Thank you very much Ingrid and Claude.

                                   Appel d’Offres. (A Request for proposal)

 

Présentation : le but de l’expérience proposée est d’évaluer la validité de l’hypothèse fondamentale selon laquelle l’espace-temps est un propre de l’être humain (caractéristique de l’être humain). La mise en évidence récente de propriétés cognitives des humains en situation d’interactions spécifiques avec le monde extérieur, laisse penser qu’avec cette expérience nous pourrions identifier les raisons de certaines bizarreries de la mécanique quantique.

 

D’abord, cet appel d’offres s’adresse à une équipe de neuroscientifiques maîtrisant l’imagerie cérébrale ainsi que la définition d’un protocole préalable qui permettra, après coup, d’interpréter avec certitude les résultats obtenus en accord ou désaccord avec les hypothèses premières impliquées.

Tenant compte des résultats récents des publications que je mentionnerai ci-dessous, au fur et à mesure, dans cet article, et les premières hypothèses que j’ai développées durant cette dernière décennie[1];[2] ;[3], l’expérience proposée rassemble actuellement tous les ingrédients qui nous permettent de penser que nous serons en mesure d’extraire de cette expérience de nouvelles compréhensions de l’interaction entre l’être humain et la nature à l’échelle de l’infiniment petit.

La première hypothèse fondamentale que je fais est que l’espace-temps est une particularité de l’humanité, c’est-à-dire que ces 4 dimensions sont fondées par l’être humain depuis une origine probablement située au premier moment de l’hominisation, c.à.d. de l’ordre de 2 millions d’années ou plus. Je dirais que l’espace-temps est un concept qui a émergé quand une première intelligence a créé le besoin de ce concept pour se situer sur la planète Terre de façon non instinctive. Il est important de souligner la concomitance de ces émergences. Je cite : « Votre cerveau est une Machine du Temps[4] révèle comment l’énigmatique 4ème dimension est en effet essentielle à notre existence et, vraiment fondamentale à ce qui fait de nous des humains » Ainsi, on peut considérer que l’espace-temps a la valeur d’une détermination de l’être humain.

L’expérience a pour but de montrer si oui ou non cette détermination est inhérente à l’être humain. Des résultats récents d’expériences renforcent l’idée que des chances de découvertes et de nouvelles compréhensions devraient ressortir de cette expérience. Je cite : « Notre cerveau préfère l’information visuelle inventée à la chose réelle[5]  et le commentaire de l’auteur : Le cerveau fait plus confiance à sa propre information inventée qu’à ce qu’il voit à l’extérieur dans le monde ». Citons encore : « Comment la ruse quantique peut brouiller cause et effet[6] ». Dans cet article, les auteurs nous disent : « Nous réalisons maintenant qu’en physique quantique, ce n’est pas exactement ce que vous faites qui compte, mais ce que vous savez ». Je note en particulier, conformément à mon hypothèse, que l’être humain véhicule un savoir profond et particulièrement le bagage spécifique d’un savoir spatio-temporel du point, situé en grande partie dans les limites du « complexe entorhinal », voir dans Mauro M. Monsalve-Mercado : ‘Hippocampal Spike-Timing Correlations lead to Hexagonal Grid Fields’, Physical Review Letters (2017) (voir mon commentaire de l’article posté précédemment, du 26/07) et de plus dans ‘Your Brain is a Time Machine’ page 182 : « … que notre aptitude à  nous saisir de la notion du temps a été acquise grâce à une cooptation par les circuits neuronaux qui développent la navigation, la représentation et la compréhension de l’espace[7] »  et  plus, page 206 « ainsi l’essentiel de notre bagage neuronal provient d’animaux qui vivent, sur le plan cognitif, dans le présent immédiat. » En conclusion, la faculté d’accéder à une connaissance spatio-temporelle est une faculté générique humaine.

En conséquence, compte tenu de ces résultats et affirmations que l’espace-temps est un propre de l’être humain, nous serions en mesure d’identifier certaines raisons des singularités spécifiques de la mécanique quantique. Je me réfère au principe de complémentarité de N.Bohr et au principe de superposition quantique. Cela signifie que nous sommes face à l’aspect corpusculaire ou à l’aspect ondulatoire de l’objet quantique.

Pour réaliser l’expérience proposée, nous devons sélectionner trois catégories de personnes. Et ensuite utiliser les ressources de l’imagerie cérébrale. Ces trois catégories d’observateurs sont placées devant un interféromètre pour observer la trajectoire d’un objet quantique.

Des physiciens professionnels formés en mécanique quantique et autres observateurs formés seulement en physique ondulatoire, enfin la troisième catégorie doit inclure des personnes non eduquées en physique, en particulier ignorant de ce qui constitue le champ de la physique ondulatoire. Ensuite l’expérience consiste à placer ces trois groupes de personnes équipées de moyens d’observation IRM fonctionnelle (Imagerie par Résonance Magnétique) successivement devant le même interféromètre. La 1ère expérience consiste à observer les régions du cerveau qui sont activées quand un objet quantique progresse dans l’interféromètre avec toute l’information d’espace-temps sur sa trajectoire donnée par les instruments équipant l’interféromètre. La 2ème expérience est identique à la 1ère mais avec perte de l’information d’espace-temps du fait de l’installation d’un dispositif semi-transparent.

Que seraient les résultats possibles ?

a) Avec une information sur la trajectoire, je fais l’hypothèse que les images cérébrales seraient similaires pour les trois catégories de personnes. Et l’aspect de l’objet quantique, in fine, serait ponctuel.

b) Avec la perte d’information spatio-temporelle sur la trajectoire, assumons que chacune des catégories d’observateurs montrerait des images cérébrales différentes puisque l’aire cérébrale d’identification spatio-temporelle classique ne sera pas sollicitée ou sera prise en défaut.

Dans le cas a) l’identification de l’espace-temps est une vielle histoire, l’être humain a acquis depuis longtemps (avec l’évolution il a évidemment mûri) et il se pourrait que dans ce cas la région cérébrale active serait au niveau du cortex entorhinal.

Dans la cas b) les physiciens professionnels intellectuellement armés pour compenser la perte d’information spatio-temporelle activeront probablement une aire du cerveau récemment entraînée à la représentation ondulatoire. Il sera important de pouvoir distinguer les différences d’images cérébrales entre celles entraînées à la mécanique quantique et celles entraînées jusqu’à la représentation ondulatoire. Dans le cas b), les physiciens non-professionnels n’auront pas d’alternative à la représentation de l’objet qu’ils ne voient ni dans l’espace ni dans le temps de parcours dans l’interféromètre. Le résultat c’est que, suivant les hypothèses supposées, les images cérébrales qu’ils produiront seront très différentes.

Pour de bonnes raisons, à priori, nous pouvons conjecturer que beaucoup de l’étrangeté de la mécanique quantique ne résulte pas seulement de l’espace-temps. Mais il y a des résultats théoriques de Carl Bender qui méritent d’être médités[8]. Je le cite : « Par exemple, pourquoi les niveaux d’énergie de l’atome sont-ils  quantifiés ? Pourquoi l’atome ne peut-il avoir que certains niveaux d’énergie et pas d’autres ? Nous ne le comprenons pas parce que nous ne regardons pas dans le plan complexe. Dans le plan complexe, les niveaux d’énergie sont quantifiés. Ils sont lisses et continus. Mais si vous prenez une tranche du plan complexe suivant un axe réel, l’énergie est découpée en points déconnectés. C’est comme si on avait ôté la rampe d’un parking à plusieurs niveaux, laissant ainsi des niveaux déconnectés. »

Cependant, si mon hypothèse fondamentale est validée, il sera possible d’expliquer l’étrangeté que constitue le phénomène de l’intrication

Si, comme je le suppose, on découvre que l’espace-temps n’est pas donné dans la Nature mais que c’est une construction de l’esprit, nous n’aurons pas perdu, pour autant, tout référentiel stable pour décrire l’univers car il y a la lumière, celle-ci est bien sûr réelle dans la nature de notre univers.

 

[1] Un monde en ‘Présence’, article du 02/11/2012

[2] Un monde en ‘Présence’ II, article du 01/01/2013 ;

[3] L’espace-temps a une source…mais pas quantique, article du 01/12/2015

[4] Le livre de Dean Buonomano : ‘Your Brain Is a Time Machine ; The neuroscience and Physics of Time’ W.W. Norton Company.

[5] Dans elife, DOI : 10.7554/eLife.21761

[6] Dans le Journal Nature, volume 546, pages 590-592

[7] Le texte original : « our ability to grasp the concept of time was coopted from (depuis) the neural circuits that evolved to navigate… », cela laisse entendre que les circuits neuronaux pour se situer dans l’espace sont préexistants et offre leurs réseaux premiers pour que soit pris en compte, cérébralement, la valeur temporelle… qu’il faut pour parcourir une distance. Cette thèse de Buonomano est cohérente avec celle de paléoanthropologues tel que Jean Guilaine dans son livre « Une seconde naissance de l’homme ». Voir article du 21/07/2015.

[8] Phys.org, 11/01/2016 : ‘Physicists honored for finding new symmetry in space and time’

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Published by mc2est-cesuffisant
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