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21 novembre 2017 2 21 /11 /novembre /2017 09:02

Finalement cela sera compris et accepté.

Des récents articles m’autorisent à cet optimisme affiché. Il y a malgré tout encore du chemin à parcourir car les auteurs de ces articles n’évoquent pas quel est le paradigme et quelles sont les expériences qui permettront de valider l’hypothèse : La Réalité ? C’est vous qui la faites.

Depuis dix ans j’assure un cours qui s’intitule :  Faire de la physique en ‘Présence, ‘Présence’ : active, qui investit, décrypte, apprend, qui ne se réduit pas à de la simple conscience, je suis satisfait de lire ce qui constitue une convergence forte avec mon hypothèse fondamentale (voir entre autres dans le Blog : articles du 2/11/2012 et article du 1/01/2013).  

Lu dans le NewScientist, l’article de Philip Ball du 8/11/2017, article au titre affirmatif sur le site : Consciemment quantique : Comment vous faites toutes choses réelles.

Ou encore dans la version papier : La Réalité ? C’est vous qui la faites. Soit « Reality ? It’s what you make it »

Je traduis et cite, puis commenterai : « L'idée que nous créons la réalité semble absurde. Mais une nouvelle audacieuse compréhension de la théorie quantique suggère que les lois fondamentales de la nature émergent de nos propres expériences.

La réalité existe-t-elle sans nous ? Albert Einstein n’en avait aucun doute : assurément la lune ne disparaît pas quand nous ne la regardons pas, demande-t-il, une fois, incrédule. Il avait été provoqué par la proposition, provenant de la théorie quantique, que les choses ne deviennent réelles seulement lorsque nous les observons. Mais ce n'est pas une idée si idiote, et même Einstein gardait l'esprit ouvert. « Il est fondamental pour la physique (sic) que l'on assume un monde réel existant indépendamment de tout acte de perception », écrit-il dans une lettre en 1955. "Mais ceci nous ne le savons pas."

Cela fait des décennies que les physiciens découvrent avec exaspération qu’il est difficile d’écrire la place de l'observateur dans la théorie quantique. Maintenant, certains envisagent une époustouflante alternative : une description cohérente de la réalité, avec toutes ses bizarreries quantiques, peut tout simplement surgir d’expériences subjectives aléatoires. Cela ressemble à la « perspective d'un fou », dit l'auteur de cette audacieuse nouvelle théorie, parce qu'elle nous oblige à abandonner toute notion de lois physiques fondamentales (sic). Mais si elle s’impose, elle résoudrait non seulement quelques énigmes profondes sur la mécanique quantique, mais elle chamboulerait aussi nos idées les plus profondes sur la réalité elle-même.

Quand il s'agit de prévoir de quelle façon dont le monde se comporte, la théorie quantique est indépassable : chacune de ses prédictions, peu importe qu’elle soit contre-intuitive, est corroborée par l'expérience. Par exemple, les électrons peuvent parfois afficher un comportement caractéristique ondulatoire, bien qu’ils semblent dans d'autres circonstances se comporter comme des particules.

Onde de confusion

Avant l'observation, de tels objets quantiques sont dits être dans une superposition de toutes les observables possibles. Cela ne signifie pas qu'ils existent dans tous les états à la fois, mais ce que nous sommes plutôt autorisés à dire c’est que tous les résultats de mesure sont encore possibles. Cette potentialité est décrite par la fonction d’onde quantique une expression qui encode tous les résultats de mesure possibles y compris leurs probabilités relatives d’obtention.

Mais ce que la fonction d’onde peut nous dire à propos de la nature d’un système quantique, avant que l’on réalise la mesure, n’est pas évident. L’acte de mesure réduit toutes les observables possibles à une seule, opération appelée réduction de la fonction d’onde – mais personne ne sait réellement ce que cela veut dire. Des chercheurs pensent que cela pourrait correspondre à un processus réel comme la désintégration radioactive. Ceux qui souscrivent à l’interprétation des mondes multiple (thèse de H. Everett) pensent que c’est une illusion provoquée par une scission de l’univers en autant d’observables possibles. D’autres disent qu’il n’y a pas de possibilité d’expliquer les choses – et qui s’en préoccupe ? Les maths sont efficaces, donc taisez-vous et calculez.

Qu’elle que soit l’interprétation, la réduction de la fonction d’onde semble dépendre d’une intervention ou d’une observation ce qui provoque d’énormes problèmes, pas moins que celui du rôle de la conscience dans tout ce processus. C’est ce que l’on appelle le problème de la mesure ce que l’on reconnaît comme étant le plus grand mal de tête de la théorie quantique… »

L’article de Ph. Ball n’est pas facile à traduire parce qu’il y a à mon sens beaucoup trop d’idées, de réflexions, exprimées dans la gangue de la pensée traditionnelle donc classique. Ainsi l’auteur persiste à évoquer la réalité en référence à la conception réaliste si chère à A. Einstein. D’ailleurs ce n’est pas fortuit que l’auteur le cite dès ses premières lignes, comme s’il avait besoin de cette caution pour que ses arguments suivants développés acquièrent de la crédibilité. Il semblerait donc que l’année de son décès, Einstein aurait exprimé une incertitude, certes (très) faible, à propos de sa métaphysique réaliste.

Comme l’assume Einstein il est fondamental de considérer qu’il y a un monde réel d’un côté et le physicien de l’autre et la tâche du physicien est de révéler objectivement la réalité de la nature du monde. Cela revient à considérer que le physicien : l’être humain est un habitant de ce monde et il est venu habiter après coup, une fois que celui-ci fut établi. Ce qui exclut qu’il puisse être une conséquence de ce monde. Cette métaphysique réaliste a été particulièrement fertile pour l’auteur de la Relativité Générale, car il est certain que sans ce préalable métaphysique A. Einstein n’aurait pas eu la maîtrise du fil qui l’a conduit après dix années de persévérance à ce résultat.

En mécanique quantique, il n’est pas approprié de parler de réalité au sens strict du terme car dans la plupart des cas il est plus judicieux d’évoquer les objets, les propriétés, tels qu’ils nous apparaissent, et il faut accepter l’idée que cela fonde un état de connaissance complet, maximal. Toute référence à l’idée, d’objets réels, de propriétés réelles, à laquelle il faut renoncer, ne peut qu’induire de la confusion dans notre raisonnement, dans notre discours (voir article du 18/09/2017), et évidemment ce n’est pas qu’un problème de sémantique. A défaut d’atteindre une quelconque réalité (puisque nous ne pouvons pas la dire), sans pour autant affirmer qu’il n’y en a pas, nous sommes, par contre, assurés d’atteindre une vérité stable, sur les objets physiques et les propriétés physiques observés et donc une vérité stable qui est communicable entre les scientifiques.

Renoncer à la croyance : que le physicien décrit le monde réel, est bouleversant car cela met fin non seulement à une croyance assurée depuis des siècles mais cela déplace et transforme la réalité de la relation entre l’être humain et la Nature que nous pensons immuable puisque l’être humain serait immuable. Renoncer à considérer : que la Nature est saisie telle qu’elle est effectivement, plutôt que telle qu’elle nous apparaît, est pressenti comme une réduction de l’autonomie de la posture de l’être humain au sein de celle-ci et oblige le physicien à renoncer à sa croyance de maîtriser un langage universel en l’occurrence celui de mathématiques.

 Peut-être est-ce fortuit, mais je souligne quand même que ce présent article avec son titre décapant est écrit par un journaliste scientifique. De même deux semaines auparavant un article que j’ai signalé en fin de mon article du 29/10 : « Une expérience quantique dans l’espace confirme (sic) que la réalité est comme vous la faites » ; « Quantum experiment in space confirms that reality is what you make it », signé par Adrian Cho qui lui aussi m’a assuré qu’il était un journaliste scientifique et non pas un physicien. De plus son titre décapant qui précède de deux semaines celui identique de Ph. Ball, est excessif comparé à son contenu. Dans cet article A. Cho, rapporte des interviews de physiciens qui évoquent des sujets d’intérêts sans relation avec le titre. L’un indique que c’est bien de faire de la physique quantique dans l’espace, l’autre indique que mener des expériences qui mixent la mécanique quantique avec la relativité restreinte est original. Sans forcer le trait on peut constater que les physiciens répugnent à accepter des interprétations qui font les titres de ces articles.  

Supposons maintenant que ce qui est proclamé dans les titres des articles : ‘la réalité est comme nous la faisons’, ou « la réalité est ce que nous la faisons » ou encore « la réalité est telle que nous faisons » est juste et de plus cela peut se vérifier expérimentalement comme je le propose dans l’article : « Appel d’offres » du 05/08/2017 avec l’hypothèse que ‘l’espace-temps est un propre de l’homme’ constituant une porte d’entrée à la compréhension de notre perception du monde quantique et partant nous permettra de commencer à penser quantique. (voir article du 26/09/2015)

Supposons que tout ceci est valide, est-ce que cela modifie ce que l’on sait présentement en physique ? Pour l’essentiel : Non. Ce qui changera c’est l’interprétation de ce savoir des physiciens qui sera reconnu comme étant celui qui résulte des capacités cérébrales d’investissement et d’entendement de l’être humain qui sont déterminées étant donné le niveau actuel de l’évolution de l’humanité. Les lois physiques devront être considérées comme résultant de l’interface des interactions entre l’Être humain et la Nature et non pas des lois de la Nature sans Présence de l’être humain. Bref, ce sera la fin de la croyance à la métaphysique réaliste. Bref, toute pensée qui est polarisée par la quête d’une réalité de la nature qui existerait est une pensée prisonnière et au bout du compte aveugle à l’égard de la réalité constitutive de l’être humain. 

Ainsi si l’on découvre que l’espace-temps est un propre de l’homme alors avec ce nouveau paradigme on franchira un nouveau stade de l’évolution intellectuelle du genre humain puisque on aura identifié une détermination profonde. Naturellement à ce stade on deviendra capable de penser quantique, après plus d’un siècle d’apprentissage.

Le paradigme concomitant qui surgit nous conduit à conjecturer qu’il n’y a pas de monde réel qui nous soit accessible en dehors de ce que nous sommes, ce dont nous sommes capables d’investir c’est notre monde, qui n’est pas ‘Le Monde’. Il n’est pas souhaitable d’entretenir l’idée que certes ce n’est pas ‘Le Monde’ que l’on investit intellectuellement mais malgré tout on accède à une image plus ou moins réaliste de celui-ci (Souvenons-nous de la tentative infructueuse proposée par B. d’Espagnat avec sa théorie du ‘Réel Voilé’). A mon sens nous devons nous accorder la liberté la plus ample pour réduire nos préconceptions et mieux comprendre ce que nous sommes en tant que sujet pensant avec nos déterminations qui correspondent à l’état de notre évolution car contrairement à l’implicite de la métaphysique d’Einstein nous ne sommes pas des habitants du monde mais nous en sommes la conséquence qui doit concevoir et conquérir une place jamais finie au sein de celui-ci. C’est une dynamique du vivant en conscience qui est à l’œuvre.

Nous véhiculons encore des préconceptions consécutives aux déterminations qui nous habitent encore et celles-ci se révélant au fur et à mesure de l’avancée de nos connaissances futures seront objectivement abandonnées.

Le paléoanthropologue P. Picq, dans un article : ‘Le roman des intelligences’ (Pour la Science, juillet-septembre 2016 : Intelligence, notre cerveau a-t-il atteint ses limites ?), nous dit : « Nous entrons dans la troisième coévolution. La première coévolution concerne tous les organismes vivants et leurs interactions. La deuxième se met en place avec les premiers hommes (Homo erectus) avec des innovations techniques et culturelles, comme la cuisson et la taille des outils, qui modifient et sélectionnent nos organismes, des gènes aux capacités cognitives. La troisième se manifeste depuis le début du XXIe avec l’impact des NBIC (nanotechnologies, biologie naturelle et de synthèse, sciences informatiques et cognitives)

Mais contrairement aux sirènes du transhumanisme qui postulent que l’évolution est arrivée à son terme et que nos technologies doivent prendre le relais, il faut penser notre avenir en fonction des interactions de ces trois coévolutions : l’émergence, en quelque sorte, d’une nouvelle intelligence. Car, fondamentalement, c’est quoi l’intelligence ? Essentiellement des interactions… »

La lecture de P. Picq est l’occasion de rappeler à quel point les physiciens ont intérêt à décloisonner le corpus de leur connaissance et relever leur regard prospectif. Je termine à ce stade l’article mais sur le sujet traité, je publierai un prochain parce qu’il y a dans de celui de Ph. Ball encore matière à réflexion.

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