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26 octobre 2014 7 26 /10 /octobre /2014 05:44

              Est-ce que tous les chambardements sont possibles ?

Dans l’article interview de S. Dehaene dans la revue de ‘La Recherche’, de Février 2011, on peut lire :

Question : Pour quelles autres compétences existe-t-il des prédispositions de base qui se traduisent par des spécialisations cérébrales ?

S.D. : « Le sens de l’espace et celui du nombre sont des prédispositions si indispensables à la survie (sic) qu’elles sont attestées chez de nombreuses espèces : une série de recherches très récentes montrent que non seulement l’homme mais aussi d’autre primates, certains mammifères, des corvidés et même certains poissons disposent de compétences spatiales et numériques. Cela peut se comprendre : toutes les espèces animales ont besoin d’interagir avec un environnement structuré spatialement et numériquement. En 2009, deux équipes, celle de John O’Keefe à l’University College de Londres et celle de May-Britt et Edward Moser à l’université de Trondheim en Norvège ont montré que, dès la naissance, les bébés rats sont munis d’un système de navigation spatiale : celui-ci comprend des neurones sensibles à la position, qui disent où l’on est. Sans que l’on comprenne bien pourquoi, ce système anatomique qui se trouve dans l’hippocampe semble réutilisé chez l’homme pour la mémoire épisodique. »

Dans le livre : ‘Kant sans kantisme’ de Gérard Lebrun, Fayard, 2009, il y a l’étude suivante : ‘Le rôle de l’espace dans l’élaboration de la pensée kantienne’. P.54, G. Lebrun indique : « Il y a un moment où Kant, après avoir tenté dans sa jeunesse de concilier deux images du monde (celle de Leibnitz et celle Newton), ose reconnaître que toute tentative de conciliation est vaine, et qu’il s’agit moins de concilier que de comprendre pourquoi la conciliation est impossible…  Et Kant précise : « La conciliation entre le monde métaphysique de Leibnitz et les exigences des sciences exactes est impossible. » Un exemple emblématique : « Selon Leibnitz, l’espace, qui nous apparaît comme une extension divisible et mesurable, est en réalité seulement un ordre intellectuel, l’ensemble des relations instituées par Dieu entre les monades. L’espace n’est rien sans les choses, si ce n’est la possibilité de les mettre. L’espace disparaîtrait donc entièrement quand on supprime les choses et serait seulement pensable dans les réalités actuelles. » S’il en est ainsi, l’espace euclidien est un concept issu de l’expérience perceptive, et les axiomes géométriques ne sont rien de plus que des constructions inductives, de sorte qu’il faut dire : « Nous n’avons jamais découvert jusqu’à présent un espace enfermé par deux droites. », et non : « Deux droites ne peuvent contenir un espace. » Si Leibnitz a raison, la géométrie euclidienne n’est pas une science universelle et nécessaire, mais une sorte de physique intuitive. Si Leibnitz a raison, les notions géométriques ne sont pas extraites de la vraie nature de l’espace, mais forgées arbitrairement – opinion contre laquelle Kant s’insurgeait depuis 1763. Kant à cette époque admettait un espace absolu « indépendant de l’existence de toute matière ». Comme à propos du temps il était un adepte de la conception newtonienne.

 P.56 : Pour Leibnitz, l’étendue, c’est-à-dire l’espace continu des géomètres, est un « phénomène » (au sens péjoratif d’« apparence »). Toute la continuité est une chose « idéale » Et l’espace quantitatif et mesurable n’est qu’une imagination bien fondée (dès lors que la distance spatiale traduit une relation qualitative d’ordre entre les substances) mais, enfin et surtout, une imagination.

Ernst Mach (1836-1916) a relayé à son époque d’activités scientifique et philosophique le point de vue de Leibnitz donc le rejet de l’espace absolu et du temps absolu. Il est même certain que, grâce à son travail critique sur la conception newtonienne de l’espace et du temps, il a contribué à l’émergence des lois de la relativité. A. Einstein a toujours prétendu qu’il avait trouvé chez ce penseur la source de ses intuitions fondamentales qui le mèneront à la formulation de la relativité générale.

Il n’en reste pas moins que réalité ou irréalité du temps et de l’espace est toujours aujourd’hui un sujet de controverses fondamentales, perpétuelles, entre les physiciens.

Dans mon article du 27/08/2014 : ‘Un authentique Big Bang ; Fracturer le masque parfait de la R.R.’, je mets en avant la thèse que l’intelligence primordiale au tout début de la lignée du genre humain a assuré pour des raisons vitales une appropriation-réduction de la notion d’espace parmi toutes les possibilités offerte par la Nature. Il se trouve, et j’en suis fort heureux, que S. Dehaene nous révèle qu’ainsi notre cerveau fonctionne : « …notre cerveau continue de s’interroger, inconsciemment, sur toutes les possibilités et se prépare à changer d’avis à tout instant. Pourtant, consciemment, nous ne percevons qu’un seul échantillon parmi toutes les possibilités… ». Voir son livre ‘Le code de la conscience’ d’octobre 2014, O. Jacob, voir mon article du 14/10.

Selon ma thèse l’espace comme le temps d’ailleurs sont fondés par l’être pensant par une opération de sélection-réduction de toutes les possibilités offertes par la Nature. Le référentiel original, primordial, est évidemment, depuis, à jamais perdu. Dans l’article du 27/08/2014, j’ai tenté d’appréhender les conséquences que cela pouvait avoir sur la grandeur physique de premier ordre c’est-à-dire : C, en ces termes : « La vitesse C, nous est utile, elle témoigne de notre capacité actuelle d’investissement intellectuel des propriétés de la Nature et tout ce qui lui est corrélée, elle marque en fait une frontière, un horizon, de ce que nous pouvons savoir de la nature, de Notre univers. En fait peut-être que ce que nous appelons la lumière n’a pas de vitesse du tout et, finalement, c’est une façon erronée de l’identifier ! Et si mobilité de la lumière, il y a, elle devrait être appréciée qualitativement d’une façon différente. »

Avec C, ses propriétés, ainsi que toutes les contraintes qui de fait s’imposent en tant que contraintes finales, indépassables, (par exemple : nous ne sommes pas capables de penser à de la matière qui n’obéisse pas à E = mc2), peut être que nous sommes confrontés aux limites de l’exploitation du caractère spécifique du concept d’espace résultant de la sélection-réduction de l’intelligence primordiale.

La lumière est dans la Nature, elle nous détermine, elle est inscrite dans ce que je désigne notre part d’’Être de la Nature’, en conséquence à son propos les voies de l’’Idéalisme Transcendantal[1]’ ne peuvent valoir. Elle est un constituant fondamental de cette Nature de Notre univers que nous décryptons et à ce titre elle ne peut pas être pleinement décrite par des grandeurs qui auraient leurs fondements en dehors de sa propre nature. Ceci vaut tout autant que nous considérions, d’une part, que l’espace et le temps soient donnés dans la Nature (comme cela est explicitement considéré par l’hyper majorité des physiciens) ou, d’autre part, qu’ils soient fondés, comme je le propose, par le sujet pensant[2]. En ne sachant considérer la lumière qu’aux moyens de l’espace et du temps nous ne saisissons dans le filet de notre intelligence qu’un ersatz de ce que serait naturellement la lumière[3].

Dans l’article du 27/08, j’ai entrepris, à partir de la conception ‘traditionnelle’ de la lumière, un processus de déconstruction de notre façon d’interpréter les propriétés physiques de Notre univers. Immédiatement, on pourra me dire que rejeter l’idée qu’il soit attribué une vitesse à la lumière et qu’elle soit quantifiée par C est absurde. Tout le monde admet que le rayonnement émis par notre astre met de l’ordre de 8 minutes pour nous parvenir. Je peux répliquer : oui, peut-être, mais par quel moyen avons-nous déterminé la distance entre la terre et le soleil ? Quand faisons de la physique sans exploiter directement ou indirectement la lumière comme intermédiaire ? Nous sommes peut-être à ce propos dans la situation de la poule et de l’œuf. Serge Haroche, le rappelle : « L’essentiel de l’information que nous recevons du monde vient de la lumière. » En résumé, je propose de considérer que la lumière est dans la Nature de l’univers dans lequel nous sommes centrés alors que l’espace et le temps n’y sont pas car ce sont des outils fondés par nous-mêmes.

Si on prend en compte le principe de complémentarité et les expériences qui le mettent en évidence : lorsque dans l’interféromètre nous avons des informations spatio-temporelles sur la trajectoire de l’objet matériel ou immatériel qui le parcourt, l’apparaître matériel ou ponctuel de l’objet s’impose. Lorsque nous n’avons aucune information spatio-temporelle sur la trajectoire effective, l’apparaître ondulatoire s’impose. La lumière étant l’archétype de la représentation ondulatoire on constate que ce mode est autonome vis-à-vis d’un savoir spatio-temporel le concernant. Fondamentalement le mode ondulatoire de la lumière ne véhicule aucune information spatio-temporelle, c’est le physicien qui projette cette information pour les besoins de la cause qui sont ceux, entre autres, du traitement mathématique actuel et ceux de l’échange intersubjectif.

La propriété basique qui conduit à la Relativité Restreinte : c’est la non-additivité à la vitesse de la lumière (telle que nous la concevons et la formulons) de toute autre vitesse d’objet effectivement mesurable par le ‘sujet pensant’ sous la forme habituelle : Δl/Δt. Durant notre scolarité élémentaire, parfois en recevant un coup de règle sur les doigts, on a tous entendu dire : « On ne peut pas additionner des choux et des carottes. »

Je n’ai pas particulièrement envie de donner raison à S. Hawking mais si de facto c’est par une extrapolation abusive et illégitime que nous attribuons la vitesse, finie, C de déplacement à la lumière alors, effectivement, l’horizon du trou noir n’a plus de raison d’être. Mais on ne sait toujours pas clairement, pourquoi, au début de cette année, S. Hawking a changé de pied sur ce sujet.

Si ma thèse a un début de validité, on devine les potentialités de révisions profondes de la genèse de notre univers. Le rayonnement fossile, tel que nous le décrivons, n’est plus le substrat de l’histoire de cette genèse que l’on croyait aussi sûr, l’hypothèse de la matière noire pourrait ne plus devoir s’imposer et celle de l’énergie sombre non plus, etc…, etc…

 



[1]Transcendantal : hors de toute détermination empirique.

[2]La citation de l’interview de S. Dehaene, au début de l’article, est très importante pour conforter ma thèse, toutefois je me dois d’être respectueux du travail de l’auteur qui évoque des prédispositions si indispensables (sic)de compétences spatiales et numériques. Et ce sont ces prédispositions qui, selon moi, sont évidemment les préalables pour qu’émergent des dispositions à fonder chez l’homme, uniquement chez l’homme, l’espace et le temps. Cette fondation passe par une intériorisation. C’est évidemment cette aptitude qui le différencie des autres primates, mammifères, etc… Fondation, au sens de processus d’une saisie nécessaire par une conscience (probablement) embryonnaire, de l’espace et du temps, et qui est concomitante à la naissance de l’homme. On pourrait donc parler d’un processus biunivoque de fondation.

[3]C’est-à-dire qu’il faut aller plus loin que Maxwell pour atteindre plus complètement les propriétés quantitatives et qualitatives de la lumière.

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