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6 juin 2023 2 06 /06 /juin /2023 09:27

Un nouveau paradigme substitutif à celui du Modèle Standard de la Cosmologie.

Cela fait 10 mois maintenant que le magnifique télescope : « James Webb Télescope Spatial, JWST » nous fait parvenir des images de galaxies provenant de l’univers primordial, c’est-à-dire qu’elles nous apparaissent comme étant formées durant le premier milliard d’années après le soi-disant Big Bang. Ces galaxies sont franchement plus précoces et plus massives qu’il n’a été théoriquement prévu dans le cadre du modèle standard de la cosmologie, dixit modèle ΛCDM. Λ fait référence à l’hypothèse de l’énergie noire, CDM fait référence à l’hypothèse de la matière noire froide. La découverte annoncée dès la mi-juillet 2022 de ces galaxies si précoces et si massives a évidemment provoqué de grandes surprises de la part des cosmologues et astrophysiciens, voire de la joie, face à la perspective d’avoir du nouveau grain à moudre pour affiner les connaissances acquises sur le cosmos. Toutefois, plutôt rapidement, ces scientifiques se sont rendu compte que le modèle standard ne pouvait pas, sans perdre sa cohérence, intégrer ces nouvelles découvertes. Au tout début, par inertie intellectuelle, il a été considéré qu’il y avait, pour des raisons variées, des erreurs dans l’exploitation des données que nous faisait parvenir JWST. Inertie intellectuelle qui peut se comprendre puisqu’au moins deux générations de cosmologues et d’astrophysiciens pensent l’univers dans le cadre du modèle standard. Et trop souvent, et de plus en plus souvent, la pensée que nous avions conçu un modèle standard de l’univers s’est estompée au profit de la pensée que nous étudions un univers réel, tel qu’il est. La conviction que les physiciens accèdent à la réalité immédiate des choses est très prégnante.  

            Depuis début février ce travail de résistance s’est affaibli étant donné l’accumulation de résultats cohérents qui mettent en évidence l’impossibilité de la prédiction et de l’insertion de ces nouvelles observations dans le cadre du Modèle Standard officiellement accepté par la communauté scientifique.

            Depuis Avril, des revues scientifiques officielles acceptent de publier des articles supervisés par d’autres scientifiques qui semblent contredire le modèle standard ou au moins interroger sa validité. Ci-après, je cite quelques extraits d’articles très récent où il est clairement signifié que l’émergence d’une nouvelle conception de l’univers s’avère nécessaire. Les versions originales en anglais sont renvoyées en note de bas de page.  

1 Une récente étude publiée dans la revue Nature Astronomy (le 14/04/2023) « pourrait bouleverser notre compréhension de l'univers et remettre en question les théories cosmologiques dominantes. Mike Boylan-Kolchin, professeur agrégé d'astronomie à l'Université du Texas à Austin, a découvert six galaxies beaucoup trop massives grâce au télescope spatial James Webb (JWST). Ces galaxies semblent contredire le modèle cosmologique actuellement en vigueur, le paradigme de l'énergie noire et de la matière noire froide (ΛCDM) (sic). »

2 Premiers résultats sur l’Univers primitif[1]

Nature Astronomy volume 7, page505 (2023), citer cet article publié le 18 mai.

« Les rapports sur quatre galaxies datant de l’époque où l’Univers a 2% de son âge actuel sont aussi excitants que déroutants, ce qui amène les scientifiques à remettre en question nos modèles de formation et d’évolution des galaxies.

Un flot d’articles est apparu sur arXiv rapportant des galaxies à décalage vers le rouge de 11 à 20. On pensait qu’il s’agissait des premières galaxies jamais imagées, et les niveaux de luminosité inattendus suggéraient qu’elles pourraient être jusqu’à dix fois plus massives que ce que les modèles cosmologiques prédisaient. Mais comment sont-elles devenues si massives et si rapidement après le Big Bang ? ΛCDM est-il faux ?... JWST surpasse les attentes. La sensibilité accrue de ses instruments signifie qu’il peut être nécessaire d’inclure une partie d’une physique d’ordre supérieur qui est omise des modèles et des simulations pour reproduire les nouvelles observations. Il s’agit d’un progrès scientifique rapide, avec des avancées mensuelles – sinon hebdomadaires – qui interrogent notre compréhension du cosmos et cherchent des réponses à de nouvelles séries de questions à l’aide d’outils innovants. Une chose est certaine, d’autres surprises du JWST nous attendent : l’avenir de l’étude de notre passé est très prometteur. »

 

3 Les galaxies « trop massives » de James Webb pourraient être encore plus massives. Publié sur le site « Phys.Org » le 17 mai 2023[2]

« D’après notre modèle de concordance actuellement accepté de la structure et de l’évolution de l’univers, le soi-disant modèle ΛCDM, il n’aurait tout simplement pas dû avoir le temps de former autant d’étoiles. Bien que l’ΛCDM ne soit pas un Saint Graal indestructible, il existe de nombreuses raisons d’attendre en revendiquant un changement de paradigme : les époques mesurées auxquelles nous voyons les galaxies pourraient être sous-estimées (sic). »

4 Dans Nature le 22 Mai 2023[3]

« L’assemblage extrêmement rapide des premières galaxies au cours du premier milliard d’années de l’histoire cosmique est un défi majeur pour notre compréhension de la physique de la formation des galaxies. L’avènement du JWST a exacerbé ce problème en confirmant l’existence de galaxies en nombre significatif dès les premières centaines de millions d’années. »

            A mon avis, il faut prévoir que l’exacerbation conduira à l’obligation de dépasser l’actuel modèle standard de la cosmologie et, en conséquence, de changer de référentiel standard pour interpréter les événements et les objets célestes que nous fait voir JWST. Il y aura encore beaucoup d’inertie dans l’air avant de franchir le Rubicon car la clé de voûte de ce modèle standard c’est l’hypothèse du Big Bang. Cette soi-disant origine de l’univers a une vertu anthropologique. Toutes les cosmogonies qui jalonnent l’histoire de l’humanité pourvoient l’être humain d’une origine. Nous n’avons pas échappé à cette invention d’une origine temporelle existentielle qui aurait surgi, dans un extraordinaire Big Bang, il y a 13 milliards 800 millions d’années. Alors, il faut bien admettre que cette invention a une fonction nécessaire, comme toutes celles qui l’ont précédée. Ma thèse est la suivante : l’être humain a besoin d’une origine temporelle pour disposer d’un point d’appui à partir duquel il peut déployer sa pensée, quitte à ce que cette pensée déployée ayant fructifié, après coup, annule le besoin de ce point d’appui spécifique, le reporte pour une nouvelle référence temporelle ou s’accorde un nouveau référentiel permettant un redéploiement fertile de la pensée.

Je prévois que cette capacité de redéploiement surgira avec le changement de paradigme propre à la cosmologie, qui certes se fait attendre, mais finira par s’imposer grâce à l’accumulation des images préalablement et théoriquement inattendues que nous fait parvenir JWST. On n’oublie pas que jusqu’à présent les publications concernent les images des galaxies précoces de Z = 10 à 15, alors qu’il y en a en stock jusqu’à Z = 20 (150 millions d’années après le Big Bang). Les articles les concernant ne sont pas officiellement publiables parce qu’il y a des suspicions de validations intellectuelles peut-être légitimes mais il y a aussi des interrogations à propos de la sensibilité si extrême des caméras et des spectrographes embarqués dans JWST à 1 million 500 000 km de chez nous sur la planète terre. Un tri est en cours de réalisation entre ce qui est scientifiquement authentifiable et ce qui ne peut pas l’être, étant donné l’état de l’art du décryptage de ces images.

Il faut accepter l’idée qu’il n’est pas possible d’abandonner l’hypothèse cosmogonique du Big Bang, sans qu’il soit proposé un nouveau paradigme. A part l’hypothèse de l’émergence de l’univers suite à un rebond qui pourrait retenir l’attention des scientifiques, je n’en connais pas d’autres.

Proposition d’un nouveau paradigme substitutif à celui du Modèle Standard de la Cosmologie.

Depuis 2014, dans mes articles sur Overblog, j’évoque la dynamique de la découverte des nouvelles connaissances de la nature de la façon suivante « Au sein d’une éternité, parmi tous les possibles, Anthrôpos ne cesse de creuser sa connaissance de l’Univers… ». Cet énoncé directeur et rituel, je l’ai repris pour qualifier le chapitre 4 du mémoire, publié le 5 Août 2022 et le 12 Août. En effet, depuis la première énonciation en 2014, je l’ai repris dans d’autres articles au cours des années suivantes, convaincu, à chaque fois, que cela correspondait au mouvement de notre pensée conquérante depuis l’origine de l’émergence du ‘Sujet apte à penser l’organisation de la nature et partant apte à se penser à sein de celle-ci’.

Au sein d’une éternité : Je propose de considérer que l’éternité soit le contexte au sein duquel le physicien mène sa quête. Elle est un substitut à l’ambition de la volonté inaccessible d’accéder à la connaissance universelle immédiate comme par exemple, le fut entretenue, la nommée loi universelle de la gravitation de Newton, pendant plusieurs siècles.

Parmi tous les possibles : Lorsque les physiciens font une découverte originale, ils doivent considérer qu’ils ont obtenu ce résultat, qui les hisse sur un nouveau belvédère, parce que leurs connaissances présentes a permis d’inférer la conception intellectuelle de celui-ci. Mais ils doivent rester en éveil dans le champ de connaissances en question car une découverte originale n’est qu’une étape et elle ouvre à des voies multiples possibles, comme cela fut pour l’accès à cette étape. Exemple, les trous noirs sont devenus des possibles scientifiquement considérés depuis deux dizaines d’années et demie en quittant le statut d’objets inconsidérés. Rétroactivement pensons aux pas de géant franchis dans le champ de la connaissance de notre univers. Il en est de même des exoplanètes dont la première fut confirmée en 1996 et maintenant on peut imaginer effectivement le nombre probable, en milliards, de celles-ci dans notre galaxie. Restons aux aguets à l’égard des possibles potentiels en perspective

                Anthrôpos ne cesse de creuser sa connaissance de l’Univers : Au sein du bain de l’éternité, depuis son émergence, Anthrôpos ne cesse d’être mobilisé par la lumière, qui le précède, de la nécessité de savoir là où il est. Cette mise en mouvement enclenche la scansion du temps. Là est son temps. Toujours une lumière le précédera. A 13 milliards 800 millions d’années se situe actuellement la pointe extrême de ce que le sujet pensant sait. Le savoir ultime qui sera égal au savoir universel sera toujours au-delà.

J’ai la conviction que ce paradigme devrait être retenu pour franchir un véritable cap de la compréhension du monde dans lequel nous habitons. Plus qu’un paradigme, c’est un nouveau référentiel que je propose sur lequel notre pensée scientifique pourrait se déployer pour parcourir de nouveaux domaines de connaissances du monde dans lequel nous sommes. Vis-à-vis des Réalistes ma proposition dresse un obstacle car Anthrôpos est effectivement présent. Ils devront se rendre à l’évidence qu’ils devront procéder à une véritable révolution conceptuelle.

 

[1] Early results on the early Universe

Nature Astronomy volume 7page505 (2023)Cite this article publié le 18 mai

Reports of four galaxies from when the Universe was 2% of its current age are as exciting as they are puzzling — leading scientists to question our galaxy formation and evolution models. A flood of papers appeared on arXiv reporting galaxies at redshift 11 to 20. These were thought to be the earliest galaxies ever imaged, and the unexpected brightness levels suggested they could be up to ten times more massive than cosmological models would predict. But how did they grow so big and so quickly after the Big Bang? Is ΛCDM wrong?... JWST is outperforming expectations. The increased sensitivity means that some higher-order physics left out (exclue) of models and simulations may need to be included to reproduce the new observations. This is scientific progress at speed, with monthly — if not weekly — advances that interrogate our understanding of the cosmos and seek answers to new sets of questions using innovative tools. One thing we know for certain, more surprises from JWST are in store: the future of the study of our past is very bright.

[2] James Webb's 'too massive' galaxies may be even more massive. “Phys.org”, May 17 2023

From our currently accepted concordance model of the structure and evolution of the universe, the so-called ΛCDM model, they simply shouldn't have had the time to form so many stars. Although ΛCDM is not a holy indestructible grail, there are many reasons to wait claiming a paradigm shift: The measured epochs at which we see the galaxies could be underestimated.

 

[3] In Nature le 22 Mai 2023

The extremely rapid assembly of the earliest galaxies during the first billion years of cosmic history is a major challenge for our understanding of galaxy formation physics (1; 2; 3; 4; 5). The advent of JWST has exacerbated this issue by confirming the existence of galaxies in significant numbers as early as the first few hundred million years (6; 7; 8).

 

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