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12 mai 2015 2 12 /05 /mai /2015 12:21

~~Pas d’anticipation déraisonnable.

C’est à la fin du présent article que je joins en intégralité celui qui a motivé le mien. L’article en question provient du site ‘Philoscience’ où son auteur est très souvent cité. Dès la première phrase on est saisi par l’ambition du projet d’Alain Cardon : « On peut chercher à préciser la raison de l’existence du vivant organisé formé avec des composants physiques élémentaires en adoptant une approche résolument systémique. »

Il s’agit bien de préciser la raison, on est donc au seuil de l’explication ultime !

Cette explication ultime est nourrie par ce type d’affirmation dans le texte : « Un méta-organisme qui se forme et se reconforme sans cesse en incitant le déploiement de tous les organismes dans toutes les directions viables possibles pour investir l’espace entier d’une planète, est un méta-organisme obéissant à une force organisationnelle qui conduit la matière du réel physique à s’utiliser de façon maximale et pour se déployer sur lui-même en se consommant. »

Ce qui est écrit là n’est pas absurde parce que c’est une opinion que l’on peut exprimer, après coup, en aval de multiples constatations. C’est une façon intelligible de dire ce que l’on pourrait croire observer, ce que l’on croit comprendre mais en fait la phrase citée ci-dessus aurait dû commencer ainsi : « C’est, pour nous, comme si un méta-organisme… » De là, vouloir affirmer comme le fait Cardon : C’est ainsi que cela se passe est extrêmement aventureux. Nous n’avons pas les moyens scientifiques de procéder à une telle affirmation anticipatrice, même à titre prospectif, si j’ose dire : c’est vraiment mettre la charrue avant les bœufs. D’ailleurs rapidement l’article devient redondant et ne peut pas s’appuyer sur de quelconques éléments tangibles. Ce n’est certainement pas en introduisant une cinquième dimension informationnelle à l’univers que Cardon fait preuve d’une démarche scientifique conséquente étant donné la fragilité conceptuelle des quatre premières.

Le nouveau paradigme fondamental que propose A. Cardon : « L’hypothèse de l’existence de cette force (organisationnelle) fondamentale permet donc de donner une raison scientifique (sic) à l’existence de notre univers observable et tend à contrebalancer la théorie usuelle de l’évolution du vivant par un pur hasard ou une raison immanente. » ne peut pas être mis en avant sur des bases aussi faibles, non étayées. En fait il remplace une raison immanente par une autre.

Il me semble que pour progresser nous devons nous en tenir à une posture plus modeste et plus réaliste et que j’ai déjà eu l’occasion d’exprimer dans un article le 18/03/2015, avec le titre : ‘Décrypter la physique comme science de l’interface de l’être humain et de la Nature !’ Dans cet article j’exprime ma conviction que progresser dans la compréhension des lois de la Nature c’est aussi progresser dans la connaissance de l’être pensant que nous sommes. Mais cette progression ne peut être effective qu’en s’appuyant fermement sur l’état présent de ce que nous comprenons, sans vouloir suggérer, organiser, une quelconque fuite en avant ou alors on opte pour une pensée métaphysique. Considérer que la science physique est une science qui a aussi la vertu de conquérir une meilleure connaissance du sujet pensant ne relègue pas les autres domaines de connaissances mais cette concomitance : connaissance des lois physiques de la nature – connaissance de celui qui la pense, prend en compte le processus de l’évolution comme cela est rappelé dans un article tout récent du 30/04 : ’L’invention du réalisme’ à propos du livre d’Etienne Bimbenet.

Pour situer correctement la corrélation entre le rôle, la dynamique de la pensée en science physique, et la connaissance du sujet pensant, il ne faut pas s’attacher à l’idée que la physique nous permet d’accéder au monde réel tel qu’il est. En effet ce monde que nous prétendons réel, que l’on croit atteindre est tellement provisoire (pensons au monde soi-disant ‘réel’ (atemporel, stable) à l’époque d’Einstein : tout riquiqui, il y a un siècle, et celui que nous concevons aujourd’hui). On peut répliquer que pour l’essentiel, ces mondes ‘réels’, d’avant, temporairement expliqués, sont englobés par la représentation la plus récente. Je dirais que cela signifie surtout que l’être humain, auteur de cette conception, façon poupées russes, est fondamentalement le même et qu’il procède par évolutions intellectuelles, même si celles-ci peuvent être parfois qualifiées de renversantes comme le fut la Copernicienne. Il est donc superflu et erroné de vouloir s’attarder sur une représentation figée d’une réalité du monde. D’ailleurs, nous sommes actuellement pris à notre propre piège de vouloir considérer que nous devons connaître à tout prix le monde réel puisqu’au bout du compte nous ne connaissons actuellement que 5% de ce qui constituerait Notre univers.

Comme je l’ai conçu explicitement dans l’article du 26/8/2014 : ‘Un authentique Big Bang’, l’émergence d’une intelligence primordiale embryonnaire, correspond à l’émergence dans la Nature de l’Être embryonnaire qui engage le processus de l’hominisation. Les raisons de cette émergence ne sont pas accessibles au ‘sujet pensant’ que nous sommes aujourd’hui. Nous devons renoncer à l’ambition de répondre aux questions anthropologiques fondamentales : pourquoi, comment, un sujet vivant, pur ‘Être de la Nature’ peut-il sortir de lui-même ? Pourquoi, comment, un être vivant qui projetait son existence dans un milieu, acquiert les ressorts pour projeter son existence dans un monde ? (voir article du 30/04 : ‘L’invention du réalisme’)

Ce que l’on peut relater aujourd’hui, c’est qu’avec cette émergence s’engage une praxis sans fin afin que le socle – sur lequel l’Être dans la Nature s’installe et surplombe ainsi cette nature qui l’a façonné – s’élève et se consolide. Cette praxis est sans fin parce que la volonté de l’être humain de s’émanciper des déterminations naturelles, brutes, volonté portée par l’Être dans la Nature peut être sans cesse entravée par ces déterminations naturelles, originaires, inhérentes à l’Être de la Nature. Les forces de rappel à l’origine sont toujours présentes, tendues. L’être humain ne peut pas connaître des états d’équilibre entre l’être dans la nature et l’être de la nature, l’irréversibilité doit être entretenue. C’est ainsi que l’on doit comprendre la permanence de la praxis de la conquête de la connaissance des lois de la nature pour contrer les conséquences obscures de leur ignorance.

Cette praxis est toujours là, Descartes à son époque a rappelé la nécessité d’entretenir la flamme : « l’homme doit se rendre maître et possesseur de la nature. » Maintenant cette praxis a en grande partie changé de nature, puisque nous avons fini par comprendre que la nature est irrémédiablement partie de Nous, en conséquence l’obligation de la connaître est toujours un impératif mais pour mieux la respecter et ainsi préserver notre pérennité et celle de tous les vivants.

A ce stade de mon propos, il me semble qu’il est intéressant de revenir au livre de Bimbenet que j’ai déjà cité et qui à la page 162, cite des spécialistes de l’anthropologie philosophique dont H. Plessner (1892-1985) : « On sait que de Gelhen à Blumberg, en passant par Plessner, toute une « anthropologie philosophique » aura placé le manque et la déficience au cœur de l’exister humain. « L’indigence de l’homme à qui font défaut des dispositions spéciales pour réagir face à la réalité, le fait qu’il soit donc pauvre en instincts, est le point de départ d’une question anthropologique centrale : comment cet être est-il capable d’exister en dépit de son défaut biologique de dispositions ? »

« Ainsi chez Plessner la « positionalité excentrique » de l’homme interdit à ce dernier de s’en remettre à une nature capable de normer ses différents comportements. L’homme est un « émigrant de la nature », un être apatride et utopique, obligé de compenser par l’artifice technique et l’inventivité culturelle tout ce que la nature ne donne pas. Et parce que la déficience naturelle est encore paradoxalement, un tour de la nature en lui, le vivant humain se décline en d’étranges oxymores : il est tout à la fois centré et, par son surplomb réflexif (sic) sur cette centration, excentrique sur lui-même…enfin il est « animal qui laisse son animalité derrière lui. »

Je ne crois pas être dans une interprétation abusive en considérant que la réflexion de Plessner s’inscrit dans une réflexion nostalgique, et peut-être que celle-ci puise dans la source de ce qui a été reconnu au siècle précédent comme le romantisme allemand et/ou puise dans la source de la ‘Naturphilosophie’. Ce que Plessner identifie comme ‘déficiences naturelles’ qui font que l’homme est un ‘indigent’, sont pour moi la marque de l’œuvre de l’être dans la nature dont l’avancée depuis son surplomb réflexif, engage autant un recul progressif des déterminations, non encore maîtrisées, non encore accessibles à notre compréhension, qui sont propres à l’être de la nature confirmant ainsi notre dépendance toujours prégnante de nos racines constitutives.

De même, différemment à la réflexion de Plessner, la nôtre, celle que je préconise, doit être positionnée à partir de la conjecture : l’homme est devenu pauvre en instincts, plutôt que comme affirmé : « l’homme est pauvre en instincts. »

Je considère que oui, l’être humain doit développer l’intelligence technique, oui, l’être humain doit développer l’inventivité culturelle, mais contrairement à ce que dit Plessner ce n’est pas pour compenser ce que la nature ne donne pas, mais pour marquer le territoire propre du sujet pensant, territoire qui résulte de l’avancée du processus de l’hominisation du sujet pensant. Nous ne sommes pas dans ce que la nature ne donne pas mais dans ce que la nature ne donne plus. Alors, ceci étant considéré, nous ne sommes pas paralysés, englués, dans la nostalgie, au contraire nous devons nous inscrire dans une dynamique propre de l’être pensant, de l’être réflexif, dans une dynamique de la quête de la connaissance.

Pour revenir à l’article ci-joint, ci-dessous, je veux bien que l’on parle de l’action d’une force, mais de celle qui mène le sujet pensant dans une dynamique de la conquête de la connaissance des lois physiques de la Nature.

Cette conquête est illustrée par l’intelligence technique de l’être humain qui fait qu’aujourd’hui, par exemple, nous sommes capables d’envoyer dans l’espace des instruments qui scrutent avec de plus en plus d’acuité les fins fonds de ce qu’on appelle Notre univers. Il est évident maintenant que cette connaissance n’aura pas de fin, parce que nous repousserons toujours les frontières de la connaissance d’avant, toujours provisoire, parce que l’univers que nous identifions à chaque stade, est un univers qui correspond à ce que nous sommes en mesure de décrypter étant donné les capacités qui sont les nôtres à ce stade et il est plus en accord avec nos capacités de conception qu’avec un univers réel.

(Anecdote qui à mes yeux n’est pas banal, le 10 mai, j’ai appris dans un journal du dimanche qu’on venait de découvrir la galaxie la plus jeune dans l’univers : EGS-zs8-1, datant de 670 millions d’années. Précédemment, 2mois avant, la plus jeune était A1689-zD1, 800 millions d’années. Ce qui est significatif, c’est qu’un journal généraliste sait que son lectorat peut être intéressé par cette nouvelle. En effet les gens ressentent que ce type d’information les concerne, ils ressentent qu’il s’agit de leur monde dont il est question. Directement cela leur parle. Est-ce que chaque nouvelle ampleur du monde annoncée, est une bonne nouvelle ? Est-ce que c’est pour nous une nouvelle qualitative qui nous touche ? Est-ce que chaque nouvelle compréhension annoncée de Notre univers, est rassurante ? Est-ce que cela accroît notre liberté de penser, tout autant que de se penser ?)

L’hypothèse d’une force organisationnelle fondant le vivant (6 mai 2015)

~~Alain Cardon, professeur des Universités en Informatique

Les recherches actuelles d'Alain Cardon s'inscrivent dans un mouvement, encore peu connu, permettant de faire des synthèses entre l'évolution récente des diverses sciences physiques et biologiques, évolution dont notre site s'est fait l'écho depuis sa création. Nul n'avait jusqu'à une époque très récente, entrepris d'exprimer ces synthèses d'une façon aussi explicite que celle présentée dans cet article. NB: L'image n'a pas de rapport obligé avec le contenu de l'article. L’image représente la genèse de Notre univers depuis le Big Bang.

On peut chercher à préciser la raison de l’existence du vivant organisé formé avec des composants physiques élémentaires en adoptant une approche résolument systémique. Il faut considérer le vivant comme une organisation générale, unifiée sur la Terre comme une très vaste organisation complexe et qui suit une tendance à se déployer en étant évolutive. Cette tendance qui organise le vivant en le faisant évoluer ne peut pas venir du seul hasard, ce qui est trop improbable, mais de l’exercice d’une force tendancielle qui s’exerce systématiquement, une force informationnelle générale s’exerçant sur la matière pour la faire se conformer en organisations et en organismes, des organismes avec membranes qui se multiplient et évoluent pour déployer continuellement la complexité du vivant quand le contexte physique planétaire est favorable.

Le vivant pluricellulaire a, sur la Terre, six-cent-cinquante millions d’années et s’est développé à partir d’une organisation de monocellulaires avec membranes qui avait, elle, plus de trois milliards d’années. Ce vivant qui s’est déployé partout sur la Terre est un système global composé de multiples systèmes en interactions, système déployé sous de multiples formes très organisées que sont les espèces et leurs représentants. Il faut appréhender ce vivant comme un méta-organisme composé d’organisations d’organismes, comme un système unifié fait de multiples systèmes. Le vivant a une origine, une évolution et il doit avoir une raison à pouvoir se déployer sous cette forme extraordinairement variée et si cohérente. Il a une réalité de méta-organisme qui se déploie à une échelle de temps très supérieure à celle de tous les organismes qui le composent, à l’échelle temporelle de la planète. Ce vivant, qui doit être considéré comme une organisation globale unifiée, a donc une origine, un déploiement et une existence propre réifiée par l’organisation des multiples organismes qu’il a fabriqué et qu’il fait se multiplier.

Je pose l’hypothèse que tous ces organismes qui composent le vivant sont soumis à une communication informationnelle incitatrice, information émise sur l’étendue de ce vivant global pour faire déployer ses organismes dans l’espace et le temps de la planète qu’il occupe. Ce type d’information directionnelle, qui a fait être la vie et son évolution sur Terre, s’exerce sur les organismes vivants et se représente comme une force incitatrice, une force organisationnelle s’exerçant à certains moments dans la reproduction de ces organismes pour faire se réaliser une évolution systématique. C’est une force incitatrice qui tend à ce que des modifications organisationnelles se réalisent dans des directions opportunes et pas de manière totalement aléatoire. On peut concevoir que cette force à fait que le vivant a évolué systématiquement en s’organisant pour investir la mer, l’air et la terre, c’est-à-dire tout l’espace disponible lorsque celui-ci a été rendu viable il y a six-cent-cinquante millions d’années par la fonte de la couche de glace qui enserrait la Terre, ce qui a produit massivement de l’oxygène.

Je pose que cette force est émise à un niveau qui se situe sous l’échelle du réel physique de ces organismes, à un niveau substrat du monde matériel et qui incite à son organisation. On doit, là, être précis. Un méta-organisme qui se forme et se reconforme sans cesse en incitant le déploiement de tous les organismes dans toutes les directions viables possibles pour investir l’espace entier d’une planète, est un méta-organisme obéissant à une force organisationnelle qui conduit la matière du réel physique à s’utiliser de façon maximale et pour se déployer sur lui-même en se consommant. C’est une force incitatrice qui est dans le substrat de la matérialité du réel observable, qui incite aux développements, aux déploiements, qui part sans cesse de l’état courant pour l’amplifier dans l’organisation des possibles. Ce n’est absolument pas une force avec un but explicite, une finalité, mais c’est une force opportuniste qui s’applique continûment et qui incite systématiquement le réel au développement de déploiements organisés. Ainsi, les espèces en ont créées d’autres par opportunité, lorsque le contexte des organismes vivants locaux permettait cette extension dans les reproductions, et elles se sont aussi développées sur elles-mêmes en développant leurs organes et leurs organisations. Cela donne aujourd’hui un vivant avec des espèces très belles, très harmonieuses et équilibrées entre elles pour vivre leur petite vie.

Au niveau quantique

Je vais aller plus loin en posant l’hypothèse que cette force s’exerce au niveau substrat de la matière dans tout l’univers, au niveau quantique donc, et qu’elle donne les indications des comportements possibles selon leurs lois physiques à toutes les particules, pour qu’elles passent à l’état organisationnel du réel que nous observons, qu’elle donne l’information comportementale possible à tout ce qui peut se structurer et s’organiser. Je pose donc l’hypothèse d’un substrat informationnel sous le réel observable, hypothèse qui est aujourd’hui posée par certains grands scientifiques [Seth Lloyd, Lee Smolin]. Ce substrat pourrait être constitué de processus strictement informationnels, formant une nappe partout dense, et indiquant les lois comportementales aux particules quantiques selon leurs états, aux atomes, aux molécules, aux amas matériels, aux organismes, au vivant. Tous ces éléments matériels sont soumis aux effets de cette information conductrice qui peut être, à un certain niveau, modificatrice, ce qui sera le cas du domaine du vivant. Je pose donc l’hypothèse constructiviste et systémique que tout notre univers matériel repose sur l’activité continue et partout dense d’un certain type de flux informationnel organisateur, qui réalise son existence et son expansion. Ce flux informationnel serait produit par une nappe informationnelle, avec une topologie particulière, qui est le substrat du réel physique, qui permet à celui-ci de se comporter en l’utilisant. Ce flux serait la force organisationnelle indicatrice du comportement physique des éléments de l’univers à tous ses niveaux. Cette force est posée comme unidirectionnelle, elle s’exerce du substrat informationnel vers les éléments physiques qu’elle incite à se comporter et en aucun cas elle ne peut aller des éléments physiques vers ce substrat informationnel. C’est la tendance générale à déployer sous forme organisée le réel de l’univers dans l’espace et le temps. Mais ce n’est qu’une tendance disponible et incitatrice et les autres lois de la physique, comme la gravité, opèrent systématiquement. Je pose donc l’hypothèse que le vivant organisé sur la Terre est soumis à cette force organisationnelle indicatrice, qui est partout disponible, qui a incité à sa création et à son développement, force qui s’est exercée et qui s’exerce toujours comme la force incitatrice qui fait être ce vivant comme un système global ayant une autonomie comportementale, qui est constitué de multiples organismes qui s’organisent sans cesse entre eux. Cette force opère à une échelle informationnelle qui n’est pas directement conductrice au niveau des organismes, mais qui est bien incitatrice.

Le substrat de l’univers

L’univers est une couche déployée formant un espace spatio-temporel pour la matière sur un substrat purement informationnel partout dense constitué de processus informationnels. L’univers est donc un espace à 5 dimensions : trois d’espace, une de temps et une d’information. Ce substrat informationnel exerce son action à toutes les échelles, il conduit directement le comportement des particules isolées, il incite les éléments proches à se structurer, il incite les éléments structurés à s’organiser pour aller plus loin par l’autonomie comportementale, jusqu’au vivant organisé.

La force organisationnelle

C’est une force exercée par le substrat informationnel sur toute la matière de l’univers, sur chaque particule quantique pour qu’elle se comporte selon les lois de la physique, sur chaque atome pour qu’il se structure avec d’autres pour former les molécules et sur chaque élément matériel structuré pour qu’il s’organise avec d’autres, permettant ainsi de conduire la matière structurée à former continuellement des organisations, jusqu’à la vie et son évolution globalement organisée partout où c’est possible. Cette force s’exerce sur les organisations matérielles de trois façons : elle peut inciter à poursuivre leur organisation dans la continuité, elle peut inciter leur organisation à réaliser des bifurcations, elle peut tendre à laisser les choix d’organisation se faire par la matière organisée elle-même, en suivant les lois de la physique. L’hypothèse de l’existence de cette force fondamentale permet donc de donner une raison scientifique à l’existence de notre univers observable et tend à contrebalancer la théorie usuelle de l’évolution du vivant par un pur hasard ou une raison immanente. La force organisationnelle opère dans l’univers à deux niveaux. D’une part, elle incite la matière à s’organiser selon les états de ses éléments pour y former des organismes dans l’espace physique de toute planète viable, en créant de nouvelles organisations vivantes, en les diversifiant pour submerger tout l’espace physique disponible où ces organismes partagent la même ligne d’univers (voir en relativité générale la définition d’une ligne d’univers). D’autre part, elle s’exerce comme une force informationnelle sur les constituants élémentaires, au niveau quantique pour en préciser les lois d’actions et la cohérence ainsi que sur les atomes et molécules. C’est bien ce que précisait M. Lachièze-Ray sur l’existence d’un vide informationnel [Entre rien et quelque chose : les paradoxes du vide, article de Lachièze-Ray p. 134-144, in Le vide, univers du tout et du rien, Revue de l’Université de Bruxelles, 1997]. Nous préciserons dans un autre article les caractères de cette force qui pose l’existence d’un système générateur d’informations au-dessous du niveau des particules quantiques, qui explique l’intrication, qui fait exister toutes les particules selon leurs lois précises et qui immerge ainsi tout ce qui est réel et structuré dans l’univers. Cette force est fondée sur un calculable très particulier qui n’est pas du tout celui que l’on pratique habituellement, elle représente une cause de l’existence du modèle de Turing, en utilisant notamment une notion différente de programme, en posant une nouvelle loi de calculabilité informationnelle. L’univers pourrait alors être considéré comme un "super-méta programme entropique" incitant à constituer, partout où il le peut, des organisations d’organisations de façon opportuniste. Mais cette notion de programme n’est pas celle de programme informatique, ce qui bouscule un peu l’ordre des choses, car elle contient en elle la notion d’autonomie et pose l’information comme fondamentale, structurelle et disponible partout et tout le temps, et donc pas comme du signal envoyés d’un émetteur à un récepteur qui sont a priori présents. Cette force incitatrice à des intensités différentes selon les structures des éléments qu’elle soumet, selon leur entropie. Il n’y a pas la même information fournie à une particule qu’à un organisme vivant ni à un ensemble d’organismes. L’information donnée aux particules pour permettre de conduire leurs comportements physiques est directe, permettant simplement de suivre les lois de la physique, car il s’agit d’éléments ponctuels et l’information est alors elle-même élémentaire. L’information donnée à des organismes vivants est une incitation envoyée à l’organisation d’une structure complexe, changeante, ayant localement de l’autonomie. Ce sera une information disponible située au niveau de son organisation même, donc de sa complexité. Dans le cas des organismes vivants, cette information sera parfois incitatrice de bifurcations dans leurs reproductions, pour que se réalisent des différences évolutives selon l’état général courant, selon le contexte général, et aussi selon la possibilité des organismes à la suivre. Il y a donc, ce qui est un caractère scientifique des systèmes organisés ayant de l’autonomie, une réelle liberté des éléments organisés à appréhender ou non cette information comme une tendance globale incitatrice. Disons que plus les organismes ont acquis de l’autonomie comportementale, moins ils sont soumis à cette force incitatrice et plus leur organisation peut ne pas en tenir compte. Et précisons que cette force informationnelle ne s’exerce pas directement sur la pensée des êtres humains, leur cerveau étant un organe localisé dans leur corporéité et générant des représentations des choses du monde en étant soumis à de nombreuses pulsions.

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