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3 juillet 2014 4 03 /07 /juillet /2014 11:26

Ce sont de belles convergences.

 

Lorsque j’ai formulé l’hypothèse de τs temps propre du sujet en 2005 (soit encore TpS), point aveugle de l’intelligence humaine, j’avais conscience qu’elle était à contre-courant. Contre un courant venant de très loin mais il me parut approprié de situer et fixer mon hypothèse en opposition à la thèse du Réalisme d’Einstein. J’ai cherché dans des travaux existants des formulations semblables à cette hypothèse ou voisines mais rien de significatif. C’était donc la solitude qui prévalait.

Je fus donc très heureux quand quelqu’un me rapporta qu’Alain Connes venait d’exprimer une hypothèse très intéressante qui était convergente avec TpS. C’était au cours d’une conférence qu’il avait réalisé à l’université de Metz un samedi A.M. en 2007 ou 2008, donc devant un auditoire d’universitaires. Je cite ce qui fut dit :

Eléments de réponse à la question 17 :

L’espace-temps est très légèrement non commutatif, en fait le point lui-même dans l’espace-temps n’est pas commutatif. Il a une toute petite structure interne qui est comme une petite clé.

Eléments de réponse à la question 18 :

Le point a une dimension 0 au niveau de la métrique mais avec ma géométrie il a une structure interne et j’ai un espace de dimension 6, non commutatif.

Avec ces propos, j’éprouvai moins de solitude et j’étais à l’écoute de la confirmation et des développements. Mais rien ne vint. Etonnant !! Je n’ai retrouvé une trace de sa proposition que dans un livre dont il est coauteur en 2013 de la façon suivante « l’aléa quantique est le tic-tac de l’horloge divine ». Fuite divine ! Pourquoi ? Dommage !!

 

En mai 2013, j’accueillis avec beaucoup d’intérêt la proposition de Lee Smolin motivée par sa quête d’un temps réel physique. Je cite :

« Mais l’univers réel a des propriétés qui ne sont pas représentables par un quelconque objet mathématique. Une de celles-ci est quil y a toujours un moment présent. Les objets mathématiques, étant intemporels, n’ont pas de moments présent, n’ont pas de futurs ni de passés. Toutefois, si on embrasse la réalité du temps et voit les lois mathématiques comme des outils plutôt que des miroirs mystiques de la nature, d’autres faits têtus, inexplicables, concernant le monde deviennent explicables… » Bien que je ne partage pas du tout sa conviction de l’existence d’un temps réel, donné dans la Nature, en dehors de la ‘Présence’ du sujet pensant, je suis très satisfait du fait qu’il ait accordé une fonction essentielle (à découvrir) au moment présent dans sa quête. (Voir article du 02/05/2013 dans le Blog : ‘Bienvenu au ‘Moment Présent’ de Lee Smolin’[1])

 

En mai 2014, dans le NewScientist, on peut lire une analyse de David Mermin à propos du temps que je traduis in-extenso : «Du point de vue d’une perspective humaine, la physique a un problème avec le temps. Nous n’avons pas de difficulté à définir un moment spécial appelé ‘maintenant’ qui est distinct du passé et du futur, mais nos théories ne peuvent pas capturer l’essence (sic) de ce ‘moment’. Les lois de la nature traitent seulement avec ce qui se produit dans certains intervalles de temps. »

« David Mermin déclare avoir résolu ce problème en utilisant un principe semblable à celui qu’il a utilisé ainsi que d’autres à propos de la théorie quantique. Nous devons simplement abandonner l’idée qu’il existe un espace-temps déterminé objectivement. »

 « Au lieu de former des séries de tranches ou de couches qui d’un certain point de vue correspondent à un ‘maintenant’ ou ‘alors’, l’espace-temps de Mermin est un maillage de filaments qui s’entrecoupent reliant ainsi les expériences de différentes personnes… « Pourquoi promouvoir l’espace-temps d’un diagramme, qui est un dispositif conceptuel utile, vers la problématique d’une essence réelle ? » demande Mermin. Sa réponse : « En identifiant mon système abstrait avec une réalité objective, je me trompe en le regardant comme une arène dans laquelle je vis ma vie. » »

Quand Mermin écrit : « Les lois de la nature traitent seulement avec ce qui se produit dans certains intervalles de temps. », je constate une convergence intéressante mais il y a plus qu’une nuance avec mon hypothèse fondamentale : le sujet pensant, ne peut saisir des lois de la nature que comprises dans un intervalle de temps. La nature n’y est pour rien, c’est l’observateur cogitant, qui est le promoteur des lois de la nature qu’il identifie en fonction de ses déterminations, de ses capacités, propres. Pour moi, TpS[2] de l’ordre de 10-25s est l’exemple d’une détermination incontournable, irréductible. Durant TpS, un photon parcourt de l’ordre de 10-2à 10-3fermi. C’est par exemple aussi à cette dimension que s’estompe la possibilité d’attribuer une dimension à l’électron. 

In fine D. Mermin considère que le ‘maintenant’ a une épaisseur temporelle comme j’en fais l’hypothèse et il admet se tromper s’il raisonne en considérant le temps comme une réalité objective. Dans l’article en question il ne va pas jusqu’à dire que le temps est une fondation de l’être pensant comme j’en fais l’hypothèse mais il lui nie la propriété d’une réalité objective.

Avec ces trois cas cités on remarque la difficulté de rompre avec la pensée scientifique traditionnelle du temps. En une petite décennie, je constate quand même quelques convergences partielles mais intéressantes et je les reçois comme encourageantes. Grâce à celles-ci j’éprouve une plus grande légitimité à persévérer et développer mon hypothèse fondamentale : le maintenant est habité par la ‘Présence’ de l’être pensant.

Pour une très grande majorité de physiciens franchir le Rubicond est une affaire délicate parce que cela revient à contredire A. Einstein et certains disciples, qui ne manquent pas d’arrogance, assènent, sans recul, comme Th. Damour  dans une conférence en l’an 2000 : « Par exemple le fait que le passage du temps (le « maintenant ») ne corresponde à rien dans la réalité physique (sic), c’est-à-dire pour reprendre une phrase d’Einstein au fils et à la sœur de Besso, « (Pour nous croyant) que la séparation entre passé, présent et avenir, ne garde que la valeur d’une illusion, si tenace soit elle », est un des messages importants des théories de la relativité qui est complètement ignoré de nos contemporains (ainsi que des vulgarisateurs de la science). »

Pourtant, on ne peut ignorer qu’avec la relativité restreinte et la générale, l’observateur occupe une place essentielle et nécessaire dès qu’on entreprend un raisonnement dans l’un de ces cadres. L’observateur est automatiquement introduit avec une montre ou quelque chose qui égrène le temps : c’est l’observateur qui est le vecteur du temps. Etonnamment, il fallut attendre la publication d’un ouvrage, en 1930, d’Einstein en commun avec Infeld pour que le concept d’observateur soit explicitement mis en scène.

Dans un exemple simple je propose d’expliquer pourquoi le ‘maintenant’ doit être pris en compte et qu’il est irréductible. Prenons l’exemple d’un feu d’artifice au pied de la Tour Eiffel.  

Lorsque j’évoque la ‘belle bleue’ et la ‘belle rouge’ du feu d’artifice du 14 juillet qui, au pied de la Tour Eiffel, s’épanouissent exactement au même instant mais à des distances distinctes (par ex : à chacune des extrémités du bassin du Trocadéro), les équations de la relativité restreinte m’indiquent que la foule au pied de la Tour Eiffel (référentiel O) constatera et partagera la simultanéité des explosions, par contre une foule installée sur une comète en mouvement par rapport à la terre (référentiel O’) pourrait voir des explosions distinctes sur le plan temporel et spatial. Donc il faut qu’il y ait simultanéité temporelle et superposition spatiale des explosions de la gerbe rouge et de la gerbe bleue pour que les deux foules (comme toutes autres foules de spectateurs O’’, O’’’) affirment assurément que les deux explosions se sont produites au même instant.

Sachant que x’r = γ(xr – v*tret que x’b = γ(xb – v*tb) ;         (1)

si tr = tb et xr > xb ; j’en déduis que x’r  x’b = γ(xr – xb) ;  (2)

 

La loi de transformation des temps respectifs étant :

t’r = γ(tr – v/c2*xr) et t’b = γ(tb – v/c2*xb),                        (3)

j’en déduis t’r – t’b = γv/c2(xb – xr).                                   (4)

 

Si je postule la coïncidence temporelle tr= tb ainsi que la coïncidence spatiale xr = xb,

j’obtiens x’r – x’b = 0 et t’r – t’b = 0. Ce résultat vaut pour tout référentiel O’, O’’, etc.

 

Avec cet exemple de double coïncidence, je constate qu’aucune foule d’observateurs ne peut relativiser les événements que constituent l’explosion de la ‘belle rouge’ et l’explosion de la ‘belle bleue’. Les foules ne peuvent affirmer que la même chose : Ô la belle bleue et Ô la belle rouge se font voir au même moment ! En même temps, la présence de ces observateurs est nécessaire pour dire cette coïncidence. Il faut qu’elle soit énoncée, n’oublions pas qu’il ne peut y avoir de science physique et évidemment de science tout court, que s’il y a énonciation.

L’exemple présenté correspond effectivement à une situation humainement provoquée. Ce sont les artificiers qui décident de placer les fusées l’une par rapport à l’autre et de les allumer simultanément ou pas. Le raisonnement et les résultats seraient les mêmes si l’apparition de la ‘belle rouge’ et de la ‘belle bleue’ résultait d’un phénomène naturel. 

L’affirmation d’Einstein, « Ce qui du point de vue physique est réel…est constitué de coïncidences spatio-temporelles. Et rien d’autre. », pourrait donc être complétée par : Quand il y a coïncidences temporelles et spatiales, les différents observateurs situés dans des référentiels relativistes distincts voient absolument la même chose et ils ont un discours totalement semblable (superposable) pour la décrire. Cela revient à considérer que tous ces observateurs pourraient se situer dans un seul et même référentiel. Dans ce cas le concept d’observateur(s) n’a plus de pertinence – dans ce cas l’exigence de l’énonciation n’est plus garantie – celui de référentiel suffit.

 Revenons à la situation précédente avec la coïncidence uniquement temporelle dans O. La foule au pied de la Tour Eiffel vivra un même ‘maintenant’quand la ‘belle bleue’ et la ‘belle rouge’ s’épanouiront dans le ciel au même instant. On peut retenir que chaque membre de la foule prononce la phrase : « j’étais présent quand la ‘belle bleue’ et la ‘belle rouge’ ont dans le même instant éclairé le ciel ». Mais ce ‘maintenant’ est détruit du point de vue de la foule qui se trouve réunie en O’ sur la comète, car : t’r – t’b = γv/c2(xb – xr). Difficile donc retrouver ce ‘maintenant’ en O’. Le ‘maintenant’ de O est affirmé par la foule grâce à la stricte égalité perçue de tr = tbet il est vraiment impossible de dire que le ‘maintenant’ dans O’ soit t’r ou t’b,ou encore soit entre t’r et t’b. Effectivement, les ‘maintenant’ sont relatifs aux référentiels dans lesquels ils sont vécus quand il n’y a pas coïncidence spatiale. Donc à ce niveau on comprend pourquoi Einstein nie une quelconque signification absolue au maintenant, à ce que l’on vit comme étant l’instant présent.

Avec TpS la simultanéité parfaite ne peut pas être mesurée. Dès qu’un événement a une durée Δt<10-25s, le résultat de la mesure effective est = 0. Il est pensé= 0 car aucune différenciation sur le plan temporel ne peut être perçue. Pensée, produit d’un vécu, absolue, non intellectualisable, donc non destructible. Il y a intrication de l’apparition, par exemple de la gerbe rouge et de la gerbe bleue. La mesure Δt’ par les observateurs de O’ peut être différente, alors qu’il s’agit bien du même événement mais Δt’ = γΔt peut être mesuré >10-25s : pas d’intrication perçue. Dans ce cas s’il y a communication humaine entre O et O’, il y a désaccord irrémédiable entre ce qui est vécu en O et mesurable en O’, bien que γ soit connu des deux parties. On se retrouve dans une situation qui viole le principe de la relativité d’Einstein qui dit que tous les points de vue se valent avec la connaissance des lois de transformations.

A cette échelle, en retenant la violation de ce principe, il faut en extraire les conséquences. Par exemple considérer qu’il y aurait superposition possible de ce qui est pensé et de ce qui est mesuré comme je l’ai proposée en mécanique quantique : à défaut de la connaissance des coordonnées spatio-temporelles dans un interféromètre on pense : onde, sinon on observe trajectoire spatio-temporelle : particule[3]. Sauf que dans le cas présent il y a une différence très importante puisque les observateurs ne sont pas les mêmes – bien que ce soient des sujets pensants génériques avec le même TpS invariant – et donc l’acceptation de la violation ne peut pas à première vue s’adosser sur ce même argument.

Ici quand la temporalisation ne peut pas s’enclencher la superposition temporelle demeure. C’est le propre de l’intrication temporelle. La foule O’ ne pourra pas convaincre la foule O de la non-simultanéité. TpS étant un point aveugle de l’intelligence humaine, ces conséquences ne peuvent pas être abrogées par des arguments provenant d’un autre référentiel en mouvement puisqu’il est un existential[4].

Il est important de rappeler qu’il faut distinguer la nature du temps et la nature de l’espace. Le temps est pure fondation du sujet pensant. Le temps est inhérent à l’être humain. Par contre la Nature offre à ‘l’être pensant’ matière à une représentation de l’espace. Grâce à ses ressources cognitives il y a puisé de la signification qui lui est propre. Cette intériorisation s’est produite par l’intermédiaire d’une association étroite entre matière et dimension. Primordialement, l’espace est donc perçu étroitement corrélé à son substrat matériel. (C’est une idée qui mérite d’être creusée)

L’imbrication de l’espace et du temps telle qu’elle est proposée à partir de la R.R. avec l’avènement de l’espace-tempsest clairement justifiée mais composantes spatiales et composante temporelle ne sont pas interchangeables car elles ne véhiculent pas les mêmes significations. Cette imbrication est en fait très précoce dans l’histoire de l’humanité quand il s’est agi d’inventer des repères qui permettent de positionner des étapes de l’écoulement du temps. Les clepsydres, les longueurs d’une ombre portée, imbriquent position dans l’espace avec déclaration spécifique d’une étape du temps qui s’écoule. La scansion des marées peut aussi être considérée comme une scansion du temps.

Encore récemment j’ai lu un article qui se termine par la phrase suivante : « Nous ferions bien de nous habituer à être un élément essentiel de la réalité. » Franchement il n’est plus pertinent d’utiliser cette problématique pour fabriquer une chute à un article. Certes, c’est un sujet renversant au sens propre du terme, moi-même je ressens le tremblement qui accompagne la nécessité de plus en plus impérative de traiter ce sujet mais c’est en lever de rideau d’articles qu’il doit être maintenant abordé.

Cet article-ci n’est pas final. Il ne marque qu’une étape et je ne développe pas vraiment les conséquences de mon affirmation : « Tous les points de vue ne se valent pas quand la valeur de TpS est en jeu. » On devrait pouvoir le constater soit directement soit indirectement. Quelles sont les expériences qui pourraient confirmer ou infirmer indubitablement cette déclaration ? Il y a le phénomène de l’intrication qui s’explique aisément grâce à la reconnaissance de TpS mais j’admets que ce n’est pas indubitable.

Attendons fin octobre, mais s’il est confirmé qu’il n’y a pas de possibilité de détecter des ondes gravitationnelles qu’elles soient quantiques ou pas (parce que les instruments Virgo et Ligo n’ont jamais rien détectés jusqu’à présent), cela devrait obliger la communauté scientifique à s’interroger, enfin sérieusement, sur la question de la nature profonde de l’espace et du temps car les ondes gravitationnelles sont censées, depuis 1915, être des vibrations spatio-temporelles.

Par rapport à ce que j’ai dit au début de l’article, c’est toujours la solitude qui prévaut, toutefois elle est un peu moindre.



[1] La traduction en français de son livre : ‘La Renaissance du temps’ vient de sortir.

[2] Plusieurs articles du blog font référence à cette hypothèse, en synthèse voir celui du 02/11/2012 : ‘Synthèse : un Monde en ‘Présence’’

[3] Voir article du Blog : ‘l’étrangeté quantique, une illusion ?’ le 11/01/2014.

[4] Voir article du blog : ‘Synthèse : un Monde en ‘Présence’’. Le 02/11/2012.

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